CGP – Comment Colbert Patrimoine Finance veut s’étendre
Par Guillaume Clément – 11 mai 2026 – News Asset Pro
Stratégie – Venant de mettre la main sur IDP Stratégie, Colbert Patrimoine Finance prévoit de nouvelles opérations de croissance externe. Charles Clérice de Meynard, associé fondateur du pôle de conseil en gestion de patrimoine et principal actionnaire des différentes entités de Colbert Groupe (Colbert Assurances, Colbert Patrimoine Immobilier…) détaille à News Asset Pro sa feuille de route pour les prochaines années.
Aux côtés de CGP comme Émeraude Capital et Orion, Colbert Patrimoine Finance se renforce lui aussi progressivement dans l’Ouest de la France. « Il s’agit de notre terrain de prédilection car nous y sommes implantés de longue date et tenons à maintenir une certaine proximité géographique avec nos clients », a indiqué Charles Clérice de Meynard, associé fondateur de Colbert Patrimoine Finance, à News Asset Pro.
Les origines de Colbert Groupe remontent à 1923. À l’époque, Maurice Allain des Beauvais et Samuel Brodu lancent à Nantes un cabinet de courtage d’assurances spécialisé dans les risques d’entreprises. La société se développe ensuite au fil des générations en étendant ses activités à d’autres types d’assurances de biens. Avant d’investir également le créneau des assurances de personnes. Tout comme celui du conseil en gestion de patrimoine avec l’arrivée en 2005 de Charles Clérice de Meynard et de son cabinet fondé cinq ans plus tôt. Également à Nantes.
« Nous étions alors 25 au sein de Colbert Assurances et de Colbert Patrimoine Finance et avons continué de nous développer, notamment en rachetant d’autres cabinets et portefeuilles de clients, se souvient Charles Clérice de Meynard. Et ce, à la fois sur la partie courtage et sur la partie CGP. » Le dirigeant rachètera par ailleurs la totalité des parts de Colbert Assurances en 2015 aux côtés de salariés et de ses nouveaux associés Béatrice Jaunatre, Anthony Chaffron et Nicolas Roblot.
Step by step
Colbert Groupe continuera ensuite d’étoffer ses métiers de manière plus poussée. « Nous souhaitions construire une offre de services de plus en plus étendue afin de pouvoir répondre à davantage de besoins de notre clientèle, majoritairement composée de dirigeants d’entreprises », poursuit Charles Clérice de Meynard. Après le développement du courtage dans l’assurance des accidents du travail et des maladies professionnelles et dans l’assurance construction, sa diversification se poursuit en 2017 dans l’immobilier avec la création d’une agence immobilière aujourd’hui nommée Colbert Patrimoine Immobilier. Puis avec l’acquisition d’Adexia en 2022. Société qui prendra par la suite le nom de Colbert Property Management. Une autre étape a par ailleurs été franchie en 2021 avec le rachat du cabinet Optinéo Retraite. Rebaptisé Colbert Expertise Retraite, celui-ci a ajouté l’audit et la liquidation retraite à l’éventail des prestations du groupe.
L’activité de CGP du groupe a elle aussi grandi en s’appuyant sur un modèle combinant croissance organique et externe. Ainsi qu’avec le maintien d’une préférence pour l’Ouest de la France. En 2022, Colbert Patrimoine Finance rachète ainsi le cabinet rennais Stratégie Capital, dirigé par Thierry Marrié. Puis LW & Associés à Cholet (Maine-et-Loire) l’année suivante. « Nous avons également ouvert un bureau aux Herbiers (Vendée) et à Angers (Maine-et-Loire) durant cette période », précise Charles Clérice de Meynard. S’il réaffirme sa volonté de rester ancré dans sa région natale, le CGP se montre toutefois désormais prêt à explorer davantage de nouveaux territoires. En témoigne sa récente entrée au capital de IDP Stratégie à Boulogne-Billancourt. Mais aussi des discussions qu’il mène actuellement avec deux cabinets dans l’optique d’implanter Colbert Patrimoine Finance à Bordeaux et à Lyon.
Deux voies capitalistiques
À ce jour, Colbert Patrimoine Finance revendique « près de 600 millions d’euros » d’actifs conseillés. « Nous pourrions franchir le seuil de 1 milliard d’ici trois à cinq ans, en fonction des opérations de croissance externe que nous réaliserions d’ici là, confie Charles Clérice de Meynard. Nous ciblons majoritairement les cabinets dont les encours se situent entre 10 millions et 100 millions d’euros, tout en restant ouverts à d’autres profils s’ils nous semblent intéressants. »
En concurrence sur ce créneau avec des groupes très actifs en matière de « build-up » comme Valoria, Astoria, Synalp ou encore Groupe Premium, Colbert Patrimoine Finance cherche à se distinguer en proposant deux principaux modèles d’intégration. Soit l’acquisition de 100% du capital de sa cible, soit une prise de participation d’au moins 51%. « Le premier permet de mutualiser davantage de coûts (juridique, marketing, comptabilité, ressources humaines, informatique…), tandis que le deuxième maintient une structure juridique distincte et davantage d’autonomie, explique Charles Clérice de Meynard. Nous proposons par ailleurs aux cédants qui le souhaitent de devenir associés au niveau de la holding de notre ligne de métier gestion de patrimoine. »
Famille élargie
Alors que les courtiers d’assurances et les mutuelles se positionnent de plus en plus face aux fonds de private equity pour entrer au capital de CGP, Colbert Groupe assure n’avoir aucune intention de s’adosser à de tels acteurs dans le futur. En témoigne notamment son organisation actuelle. « Nous ne sommes pas organisés autour d’une holding commune mais avec une structure à la tête de chacun de nos quatre métiers, poursuit Charles Clérice de Meynard. Je suis l’actionnaire majoritaire de ces dernières, aux côtés principalement d’associés-gérants. »
Comptant environ 30 collaborateurs et cinq co-gérants, Colbert Patrimoine Finance abrite par ailleurs une équipe axée sur les besoins des familles fortunées. Celle-ci exerce sous la marque Colbert Family Office. « Elle contribue à notre stratégie globale de proposer un accompagnement aussi étendu que possible à nos clients », souligne Charles Clérice de Meynard. Une philosophie également appliquée aux propres besoins du groupe. Puisque ce dernier a par exemple lancé en 2024 sa propre « banque d’affaires » interne, nommée Colbert Fusac. « Cette équipe-là nous permet d’identifier et d’accompagner nos différentes entités en matière de croissance externe », poursuit Charles Clérice de Meynard.
Contrairement à la plupart des « plateformes » de CGP sous LBO, la poursuite de la diversification de Colbert Patrimoine Finance ne passera pas nécessairement par l’acquisition d’une société de gestion. « L’opportunité ne s’est pas présentée et il ne s’agit pas d’un objectif pour nous », indique le dirigeant. Sans pour autant fermer la porte à une éventuelle opération opportuniste dans ce domaine.
Source : News Asset Pro « CGP – Comment Colbert Patrimoine Finance veut s’étendre »